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Centre d’art contemporain
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Concert à 19h30 Eloïse Decazes & Eric Chenaux

La chanteuse Eloïse Decazes hante depuis quelques années les ruines de la chanson française, notamment au sein du groupe Arlt. On l’a par ailleurs entendue miniaturiser les Folksongs de Luciano Berio en compagnie de Delphine Dora ou improviser sur cassette des hymnes au Titanic avec Le Ton Mité. Son timbre mystérieux, dont on peine à démêler le chaud du froid, son articulation faussement sereine, et cette façon de perturber les durées en chantant l’ombre des notes plutôt que les notes sont immédiatement reconnaissables.

Quant à Eric Chenaux, guitariste virtuose, il est connu pour avoir cessé un beau jour de prendre son outil au sérieux, préférant y voir un instrument bâtard et s’étonner lui-même d’en sortir tout à la fois des sons d’orgue ou de viole de gambe, de canne à pêche électrique ou de fusil tombé dans l’eau. C’est un théoricien retors et il chante admirablement. Pour preuves, ses albums parus sur le label Constellation, dont le syncrétisme minimal, le groove et la spéculation considérée comme un érotisme, évoquent Arthur Russell piqué de Marvin Gaye. C’est aussi un improvisateur de premier plan, qui brise tous les clichés du genre, à force d’humour et de paradoxes.

L’amour de ces deux grands irréguliers pour la chanson ancienne les rassemble sur un même disque en 2012, celui-ci enregistré en deux après-midi à Toronto en 2009 est paru sur le label belge Okraïna. On y entend principalement de longues complaintes glanées du Moyen Âge au 19e siècle, pleines de meurtres et de métamorphoses, étirées d’une voix pâle et hérissées de contrepoints guitaristiques, de mélodica patraque, de dissonances et de drones égorgés à l’archet. On parle pour se rassurer de Nico et John Cale, ou d’Areski-Fontaine, mais en vérité ce drôle d’objet, épuisé depuis, ne ressemble pas à grand-chose de connu : rencontre de l’inouï et du familier, du très ancien et du très moderne, du très savant et du pas savant.

La bride, qui sort aujourd’hui à l’enseigne lausannoise three:four records (Norberto Lobo, Danny Oxenberg & Bear Galvin, Mike Wexler, etc.) est leur deuxième album et il est peut-être encore plus étonnant.
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